Les AMAPIENS ont la parole

Notre journée au Village Potager par Marie Xavière

Le 15 octobre, Christian et moi sommes allés donner un coup de main au Village Potager à Saint Pierre les Nemours pour rentrer certaines cultures de légumes de garde.

Nous voilà partis par le train qui fait Gare de Lyon-Montargis pour rejoindre Saint Pierre les Nemours où Hélène et Etienne nous attendaient pour faire le dernier kilomètre. Hélène et moi avons été collègues il y a plusieurs années quand nous travaillions toutes deux chez un opérateur de transports publics et nous étions très contentes de nous revoir après toutes ces années.

Le Village Potager est un ancien centre équestre qui a été reconverti en une exploitation maraichère, œuvrant pour la biodiversité et l’insertion. L’équilibre économique n’est pas facile à atteindre et bénéficier de nombreuses paires de bras bénévoles pour une journée était donc un besoin important pour le Village dans son ensemble.

Nous avons tout d’abord été accueillis par Lucas et un de ses petits garçons Samuel. Lucas et sa femme Delphine sont chefs de culture et ils organisent le travail au quotidien sur le domaine.

Lucas nous a d’abord emmenés arracher des navets dans un champ. Les légumes sont plantés en « planche », c’est-à-dire en longues rangées. Pour arracher les navets, il faut les sortir de terre, ce qui n’était pas difficile vu la pluie des derniers jours, puis arracher les feuilles du navet et mettre les navets dans une caisse. Il ne faut pas trop remplir la caisse car il faudra ensuite la porter jusqu’à un pallock, c’est-à-dire une énorme caisse dans laquelle on va vider les caisses plus petites. Ce pallock sera ensuite emmené par Etienne et son tracteur jusqu’à un frigo où les navets seront conservés tels quels. Il est donc important d’enlever un maximum de feuilles qui risquent de pourrir sur la durée. Par contre, pas besoin de laver les légumes pour les conserver. Ils s’abîment plus vite, une fois qu’ils ont été lavés ! Après être venus rapidement à bout à l’aide de nos 20 bras de la rangée de navets, nous avons enchainé avec des radis noirs. Ils poussent comme çà avec leur jolie peau noire toute lisse dans le champ. De la même façon qu’avec les navets, il faut arracher d’un geste précis les feuilles et verser les radis noirs dans la caisse puis le pallock. La pluie ne nous a pas tout à fait épargnés et nous avons fini assez trempés.

Nous sommes ensuite allés rejoindre Hélène et son extracteur de jus pour une pause déjeuner bien méritée. A l’abri d’un auvent, quelques personnes étaient affairées à séparer des têtes d’ail en gousse en vue de la prochaine récolte d’ail. Les gousses vont germer et produire d’autres têtes. Une fois ce travail assis terminé, Hélène nous a régalés de jus de légumes originaux : betterave rouge, radis divers et variés, carottes ! C’était bon et fort en goût !

Après le déjeuner et un bon café, nous sommes allés nettoyer les serres dans lesquelles les tomates avaient poussé tout l’été. En effet, les tomates sont des lianes qui poussent le long de longues ficelles qui vont de la structure de la serre jusqu’au sol (la ficelle est fixée dans la motte). Si on ne veut jeter l’intégralité des 3000 ficelles, il faut désentortiller les lianes de tomate une par une pour libérer la ficelle qui sera ensuite rangée bien comme il faut en attendant la prochaine saison de culture. Dès que la serre sera libre de tout pied de tomates, elle sera utilisée pour planter des pieds de mâche.

Pendant ces quelques heures, tous les amapiens et amapiennes ont pu bénéficier des enseignements des chefs de culture. On a ainsi appris que :

  • il est très difficile d’être rentable économiquement pour une exploitation maraichère quand elle fait le choix cultiver de nombreuses variétés de légumes et aromates mais que c’est la condition pour préserver la biodiversité.
  • les sangliers aiment beaucoup les légumes bio et c’est pour cela qu’il fallait vite les mettre à l’abri
  • les radis continuent de pousser dans le sol tant qu’on ne les a pas arrachés d’où une production un peu excendentaire l’année dernière de radis daikon. A la maison, cela ne nous a pas dérangés, on a adoré ces beaux radis tout blancs
  • il faut aimer être dehors toute l’année pour faire le beau métier de nourrir ses congénères.

Nous étions ravis tous les deux de notre journée au cours de laquelle nous avons pu échanger avec les résidents du Village et avec d’autres amapiens et amapiennes (dans le 14ème arrondissement de Paris  et dans d’autres villes de banlieue). C’était intéressant de confronter les pratiques des uns et des autres en matière d’organisation et de distribution.

Après un ultime petit tour dans la boutique du Village, nous avons repris le chemin de Paris ! Nous reviendrons au printemps, avec nos enfants, pour donner à nouveau un coup de main. Les tomates seront encore meilleures quand nous aurons contribué à les faire pousser !!